Si le Paralpinisme est né, c’est que certains ont préféré l’air pur et l’isolement d’une grande paroi à l’urbain. Car allier le plaisir de la chute libre en pleine nature est une grande émotion. L’accés aux exits situés aux sommets des parois exige une approche soit à pieds par un sentier, soit en escalade ou en alpinisme (via ferrata, rocher, glace, neige), rarement en voiture (sauf cas du Verdon) et dans un environnement qui peut être aisé voire compliqué et dangereux (altitude, voie difficile, etc…).

Un must du paralpinisme: obligation d’allier escalade pure avec le saut. Seront concernées principalement des tours, des aiguilles, des sommets d’altitude. Un discipline qui nécéssite dans maîtriser deux… car dans le Paralpinisme il y a des sauts “purs”, des “must”, où sauter implique de grimper, d’escalader la paroi, pour rejoindre le sommet inaccessible qui permettra le grand saut. Les quelques secondes de chute s’acompagnent alors de longues heures de progression en terrain difficile, mais la récompense est à ce prix.
Ces dernières années de très belles réalisations ont été faîtes de part le monde comme Sam Beaugey à Trango (Pakistan), les fréres Blanc-Gras dans les Andes, Ruby-Rem au Main de Fatma (Mali), plus recement Valery Rosov à l’eperon Cross des Grandes Jorasses (Mont-Blanc) et au FizRoy (Patagonie), Polar Sun Spire (Terre Baffin)… et j’en oublie…
Si ces réalisations font partie du domaine des “exploits sportifs”, il existe quand même des sauts plus abordable en escalade comme par exemple: aiguilles Ansabères (Pyrénées), Torre Trieste (Dolomites), Fiama au Sasso Lungo (Dolomites), Cervin (Suisse), Dent du Geant (Mont-Blanc), Pisson au Riglos (Espagne)…

Je vais vous présenter les techniques pour aborder ce type de saut de façon autonomne (sans aide extérieure): vous grimpez avec vos compagnons, vous rangez votre matos au sommet (sans rien laisser sur place), vous sautez le mur et retour en père tranquille à la maison.
Niveau et expérience:
Le niveau en escalade est un ensemble de compétences pour savoir gerer la technique, la difficulté de la voie (intrinséque, nature équipement en place), l’environement (rocher pouri, neige, glace), la durée de la course (timing), la météo, les rechappes (ligne rappels, échappatoire), la fatigue, le stress, le sens de l’itinéraire et tout incidents possibles.

Et à ceci il faudra y ajouter: grimper avec le piège sur le dos (+10kg), trouver l’exit, y descendre, se préparer sans rien abandonner et sauter en toute sécurité (si les conditions le permettent). En gardant à l’esprit que savoir faire demi-tour n’a rien de lache, bien au contraire savoir reconnaitre ses limites est une lucidité, les cimetières sont pleins de casse-cou.
Le matériel du grimpeur:
L’équipement sera “classiquement” (grandes voies en rocher): un harnais, des chaussons, un casque, une corde double (2x 50m), 10 dégaines, des sangles, des coinceurs et friends, mousquetons à vis, réverso ou descendeur. Il doit être optimisé (ici c’est le volume l’ennemi pas le poids) mais aussi ne pas comporter d’oublie majeurs. Cet équipement permettra à 2 ou 3 personnes au max de gravir la voie.
Cet équipement devra être réparti entre chaque sautant de façon équitable. Le plus gros souci est la corde. Avec Jean-Louis ça a été une grosse prise de tête dans les dolomites, car j’aime bien être léger et grimper sur un brin en simple de 8mm ne me gène pas. Cependant il ne faut pas oublier que si une corde sert à s’assurer, elle peut (et doit) permettre de redescendre au cas où: d’ou l’utilité d’une corde double à brin séparés (double pour descendre en rappels de 50m et séparé pour embarquer un brin chacun dans le saut). C’est une notion qu’il ne faut pas oublier dans ce type d’expé, il y va aussi de la sécurité (un accident est vite arrivé surtout en “terrain aventure”). Par exemple un but à la torre Trieste c’est 15 rappels galères et compliqués… si en plus il fait nuit, il pleut…

Comment se préparer à l’exit:
Une technique lovage en echeveau d’un brin de corde de 50m autour du buste… reste à enfiler par dessus la veste le pantalon et le piège.
Votre équipement d’escalade il va falloir sauter avec… un bibendom chamalow dans les airs…
Il faut le répartir de façon équitable entre les sautants, le plus compliqué semble être la corde mais dans le fond non. L’idéal est de toujours faire un test chez soi tranquille la veille pour voir si tout fonctionne… c’est mieux qu’à l’exit! Pour la corde, les 50m sont lovés en 3 fois sur soi (autour du buste), 10 loves en bandoulière sur chaque épaules et le restant autour du ventre. On est ainsi assez bien équilibré, le centre de gravité ne bouge pas.

Ensuite, reste à enfiler par dessus votre veste + pantalon et le piège sans gène, ou un track pant et une wingsuit aussi. On avait testé des loves le long des jambes dans le pantalon mais c’est nettement moins bien (saut à la Fiama, torre Inerkofler).
Ensuite vous répartissez, chaussons, mousquetons dans vos poches du harnais, où vous pouvez…
Vous pouvez prévoir un brin (10 ou 15m) de corde à laisser celui-là en place :rolleyes: pour accéder en toute sécurité à l’exit. En effet c’est souvent pas évident, on est encombré, stressé, le rocher est souvent délité au sommet… d’ailleurs pensez toujours avant de vous équiper, d’aller voir l’exit de visu en vous faisant assurer et testez-le avec une pierre (si personne dessous).
Conclusion:
Si Grimper et sauter sont deux disciplines qui se marient bien entre elles, elles imposent au Paralpiniste une très bonne connaissance de ces deux activités et du milieu dans lequel il va évoluer. Je vous encourage à toujours poser des questions à des experts (ça ne manque pas ici) qui sauront vous conseiller ou de vous vous faire accompagner. Une course ça se prépare: entrainement physique, topo de la voie (copie à avoir sur soi + rechappe), météo, matos technique, equipement perso adapté à le course (coupe vent, bonnet, gants, pharmacie…), boissons et encas, renseignement récents sur le site, les secours, etc…
Et bonnes nouvelles aventures… l’hiver sert à les préparer ![]()
Jérôme
(Novembre 2008) photos © Jérôme Rochelle
Association de Paralpinisme (affiliée à la FFCAM) >>>
ici le site internet
“Fiamma, first base” > http://stone-spirit.com/blog/?p=438
23 November 2009 - 10:45 pm
Bonjour Jérôme,
je fais aussi parti de l’asso et je me suis mis à la montagne en 00 puis au BASE cette année avec en point de mire de sauter les voies que je grimpe : un grand merci pour ces conseils, j’espère les mettre à profit dans les années à venir.
@+ et bons sauts
Guillaume