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Wingsuit aux aiguilles d’Ansabère

« Non, être aimé ne donne pas le bonheur. Mais aimer, ça c’est le bonheur! » Hermann Hesse

Situées au bout du cirque de Lescun au coeur de la vallée d’Aspe, les aiguilles d’Ansabère forment un massif calcaire unique dans les Pyrénées. Leur raideur et leur majesté sont exceptionnelles et offrent des escalades de premiers choix et de très grandes difficultés. C’est le « Spigolo » à la Petite Aiguille qui cette fois va retenir notre attention et nos efforts. En effet ce pilastre déversant sur 280m (mesure faîte au laser) fût sauté la première fois en BASE jump par Erich Beaud et Julien Caquineau le 11 août 1999 et fût repris plusieurs fois dont par Laurent Pechberty qui y tenta le premier vol en wingsuit.

Ce 15 Juillet 2014 nous montons Laurent Filoche, Gautier Bougard, Nicolas Galy et moi-même accompagné de Boris Thomas (en reporter) pour sauter en BASE jump cette fameuse Petite Aiguille. Laurent et moi nous voulons la tenter en wingsuit, Gautier et Nicolas eux en lisse (sans wingsuit). Après un réveil très matinal nous avalons rapidement les 900 mètres de dénivelé depuis le parking vers la bergerie puis au col de Pétragème. Il ne nous reste plus qu’à descendre le versant nord du Petit Pic par un couloir raide et très instable pour rejoindre la face nord de la Petite Aiguille par des traversées aériennes. L’ambiance y est parfois austère et nécessite une attention permanente car aucune protection n’est possible sur ce terrain montagne où la roche est friable. Je sors quand même la corde pour Nicolas qui fatigue et ne semble pas être à son aise sur ce type d’escalade et nous grimpons alors corde tendue avec un bon intervalle de sécurité.

Arrivé au pied du ressaut final coté nord de la Petite Aiguille, 30m de rocher compact et vertical nous séparent encore du sommet. Laurent s’engage en « grosses » dans une escalade délicate et engagée où la chute n’est pas permise, car l’unique point d’ancrage est un piton à 15m de haut et de plus il n’y a pas de quoi se vacher pour assurer le leader en toute sécurité (les plaquettes des goujons bien utiles ayant disparus…). Nous montons tous au sommet soulagés d’être enfin si près du but. Un peu de repos mais trop longtemps car nous voulons conserver des conditions optimales de sauts sans un brin de vent qui à cette altitude et dans la combe en pied de face peut être vraiment dangereux. Laurent explore l’exit classique par un rappel d’une dizaine de mètres pour rejoindre une plateforme sur le fil du « Spigolo » tandis que je cherche puis trouve depuis le sommet un nouveau départ direct face à la vallée avec un mur déversant de 200m (premier impact à 7s) et qui est largement suffisant pour partir en sécurité avec nos wingsuits.

Chacun se prépare et se concentre, puis Laurent ouvre les festivités avec un très beau vol, puis je m’engage à mon tour dans le saut qui offre à l’exit un panorama exceptionnel à 360° sur la chaîne des Pyrénées. Un fort vent de cul venant du col de Pétragème qui vient de se lever et roulant sur la crête voisine met à mal la fin de mon vol, puis je rejoins Laurent à la bergerie. Nicolas puis Gautier s’élancent enfin et nous admirons leurs silhouettes s’éloignant rapidement du profil du « Spigolo » avant l’ouverture de leur parachute. Nous nous retrouvons enfin tous heureux de ce très beau saut, de cette belle aventure et de ce grand moment de partage qui nous a remplis de bonheur au milieu de ces paysages Pyrénéens magnifiques et dont nous garderons un souvenir inaltérable.

« Il faudrait convaincre les hommes du bonheur qu’ils ignorent, lors même qu’ils en jouissent. » Montesquieu

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Les « héros » du jour en pleine approche matinale, le sourire aux lèvres, l’humeur joyeuse, sentant couler dans leur veine les prémisses d’une très belle journée et d’une superbe aventure; De droite à Gauche: Gautier Bougard, Laurent Filoche, Nicolas Galy et Jérôme Rochelle.

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Le soleil se lève sur le Petit Pic et la Petite Aiguille qui se teintent délicatement d’une couleur rose.

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En approche sous le Petit Pic et la Petit Aiguille avec son « Spigolo » tel un sabre éclairé en lumière rasante.

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Un névé bien gelé nous accueille sous le col de Pétragème, pour une petite ambiance montagne.

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La fameuse Grande Aiguille en retrait de la Petite, mais tout aussi majestueuse.

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Gautier dans la grande traversé expo en face nord du Petit Pic permettant de rejoindre la partie finale d’accès au sommet de la Petite Aiguille.

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Je remonte les derniers mètres qui me sépare encore du sommet de la Petite Aiguille chargé comme une mule!

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Au sommet de la Petite Aiguille, je m’encorde assuré par Laurent pour jeter un oeil sur le mur sous mes pieds et contrôler qu’il n’y a aucuns obstacles cachés comme une vire et mesurer une dernière fois de la hauteur disponible pour un départ en toute sécurité.

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Visuel impressionnant pour Laurent en phase d’accélération dans le toboggan avec sa Vampire4.

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Au départ du nouvel exit du sommet que j’ai trouvé et qui ne nécessite pas de descente en rappel comme pour celui le « Spigolo ».

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Départ et la première seconde de chute avant la mise en vol.

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En plein vol avec ma wingsuit « Apache » avec le Petit Pic et la Petite Aiguille qui s’éloignent en arrière plan comme le col de Pétragème à gauche et son névé.

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Retour dans la vallée et les aiguilles d’Ansabère nous offrent un fois de plus un spectacle magnifique et plein de poésie.

Crédits Photos Copyright: Jérôme Rochelle / Jéronimo 2014, Laurent Filoche et Gautier Bougard

Cette aventure a été réalisée avec notre partenaire le magasin montagne « Le Yéti » à Jacou > http://www.le-yeti.net

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Apprendre la BASE jump avec BASE Sessions

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Film: Suivez Gautier Bougard et son équipe de « Pyrénaline » pour de aventures vertigineuses avec la première « Higline » montée à la Petite Aiguille d’Ansabère en Septembre 2012 lors du tournage du film de Laurent Triay « De fil en aiguilles » (crédit photo ci-dessous Laurent Triay).

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Livre: Vous pouvez retrouver l’histoire des Aiguilles d’Ansabère dans le très bel ouvrage de Boris et Yvan Thomas «  »Ansabère, un siècle de conquètes ».

BASE jump et « comportements à risques », outils d’évaluation et de contrôle pour la sécurité du pratiquant

BASE jump et «comportements à risques»

– Outils d’évaluation et de contrôle pour la sécurité du pratiquant –

(in English)

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Repousser les limites de ses compétences, explorer de nouveaux territoires, faire face au danger est inscrit dans les gènes humains. Si ce n’est plus une nécessité vitale comme au temps des hommes de la pré-histoire, le simulacre à travers une activité sportive « extrême » est aussi un moyen de se sentir exister en retrouvant des sensations fortes, mais jusqu’où ?

L’actualité terrible de cette saison (22 morts pour 2013 sans compter les nombreux blessés grave) remet sur la table le problème de la sécurité dans notre sport. Le mot qui revient le plus souvent dans les discussions ici ou là (forums, groupes Facebook) est « la compétence », « le  niveau », résumé par le terme « expertise ». On y parle aussi « d’égo » même si effectivement l’activité phare de la wingsuit (32% des accidents mortels depuis 1991 mais en forte croissance depuis 2011 avec 50%, 68% en 2012 et 81% en 2013!) s’apparente maintenant plus à un concours « d’excellence » (et de rase mottes!) qu’à une voie de la sagesse. On pointe aussi les débutants, leur volonté d’aller vite ou de « griller » des étapes d’apprentissage (cf: mode = influence, media = image, produit = marketing). Malheureusement la série d’accidents récents ne concerne qu’un seul véritable débutant dans l’activité (avec 10 sauts de BASE jump pour seule expérience), les autres étant considérés comme expérimentés en BASE jump mais peut-être pas tous « experts » en wingsuit (le véhicule est-il la cause directe des accidents de la route? à 90% non). Certains voudraient que les sites de pratique ne soient plus partagés (infos, topos) mais tenus secrets, ce qui est impossible avec internet notamment les vidéos postées par les pratiquants sur les réseaux sociaux « tribu », de plus aucun accident n’est lié à la mauvaise interprétation d’un topo de « Paralpinisme » (sauts de falaise ou de montagne) ni à sa diffusion (la grande majorité ne découvre jamais un site par ses propres moyens mais accompagné d’un habitué ou local).

Mais très sincèrement je pense qu’on est loin d’un problème d’expertise en accidentologie du BASE jump, même si le défaut ou l’excès d’expertise peut être un facteur; je pencherais plutôt pour des « comportements à risques ».

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Beaucoup d’études ont été réalisées sur les « comportements à risques » notamment chez les jeunes et la conduite automobile, la drogue ou certains jeux ou conduites Ordaliques (1) (« mise en scène de sa mort avec prise de risque vécue comme une épreuve que l’on peut traverser avec succès, voire comme une séquence de mort suivie de résurrection »), mais aussi dans le sport et ceux dit « extrêmes ». Il n’est donc pas très compliqué d’aller fouiller pour savoir de quoi il en retourne, si on veut vraiment trouver des solutions à cette accidentologie croissante.

« Plus banalement, il faut noter que l’impression de maîtrise, le sentiment intime d’emprise sur la situation, modifie radicalement la relation du sujet au risque, qui peut ici se comparer au risque « professionnel » des cascadeurs, des matadors, de tous les sportifs de l’extrême ». (Marc Valeur, Jeux pathologiques et conduite Ordaliques)

Doit-on systématiquement envoyer sur les roses des personnes qui tentent d’apporter un éclairage et une réflexion de part leurs connaissances, sous le prétexte qu’elles ne connaissent rien à la « proxy »  ou au BASE jump ? Cette attitude s’appelle « le déni de remise en question » et a aussi ses racines dans les « comportements à risques ».

Il est évident qu’une étude approfondie sur les causes réelles de tous les accidents (mortels et non mortels) serait salutaire pour notre sport, car comment trouver un remède quand on ne connait pas les causes d’une maladie? Mais il y a aussi quelques tabous, le « non dit », à faire tomber en matière d’accidents, talon d’Achille des sur-hommes, et libérer la parole est sûrement le plus difficile dans un milieu souvent intransigeant avec ses pairs. La personne accidenté ayant un sentiment de culpabilité voire de honte ou de fierté bafouée et donc préfère ne pas en parler, de peur aussi d’être montré du doigt surtout publiquement. Peu de BASE jumpers osent faire leur « mea culpa » en public, le plus célèbre est Reiner Ebert qui a survécu en 2012 à un crash en forêt (spot du Brévent, Chamonix) en wingsuit sans avoir eu le temps d’ouvrir son parachute et se confia plus tard à une chaine TV et sur le site de basejumper.com remettant en question les dérives de sa propre pratique. Un bel exemple à suivre!

Le but n’est donc pas de juger mais de tenter de trouver des pistes qui permettent d’identifier facilement un « comportement à risques » et d’y remédier pour éviter l’accident.

Qu’est ce qu’un « comportement à risques » ?

Un « comportement à risques » est une attitude individuelle, consciente ou subconsciente, troublée (ou dictée) par différents vecteurs personnels, biologiques, intellectuel, émotionnels, sociaux, drogues… Une personne qui est dans un « comportement à risque » est une personne qui n’arrive plus à appréhender la réalité du danger à l’instant présent. Ce danger peut-être personnel (fatigue, euphorie de groupe par exemples) ou environnemental (mauvaise condition météo , technicité du saut par exemples). On regroupe aussi cela dans les « facteurs humains » très connus en aéronautique et dont les pilotes sont soumis à des protocoles très stricts avant chaque vol ainsi qu’à des visites médicales régulière notamment pour la vue.

Mais il faut se pencher tout d’abord sur la personnalité et la motivation réelle, profonde, du sujet à vouloir pratiquer un sport dangereux et à « s’exposer à des risques hors de tout impératif objectif lié à la survie ». Outre le fait que le sport chez l’adulte soit une prolongation du jeu de l’enfance, avec parfois des conduites Ordaliques, des études ont montré qu’une « addiction » à l’adrénaline (permet d’effacer rapidement toute émotion ne servant pas à la survie immédiate) serait aussi chez l’individu un phénomène de « mimétisme pharmacologique » (identique à l’effet d’une prise de drogue).

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La personnalité au centre du « comportement à risque »:

Selon le modèle psycho-biologique (C. Robert Cloninger), 4 tempéraments de base hérités forment en se mélangeant les traits de l’individu:

1 / recherche de nouveauté > repousser les limites, envie de sensations fortes

2 / évitement de la douleur >, peur de se blesser, trauma d’accident antérieur

3 / dépendance à la récompense > jugement extérieur, valorisation personnelle

4 / persistance malgré des effets adverses > marginalisation, angoisses

Différentes observations montreraient qu’il existerait des liens entre la recherche de nouveauté et la dopamine (2), entre l’évitement de la douleur et la sérotonine (3), ainsi qu’entre la dépendance à la récompense et la noradrénaline (4). Il est un fait qu’une tendance forte à la recherche de nouveautés, sans craindre de se blesser et indifférent à l’avis contraire de l’entourage, est dans un sport à risques une forme d’« addiction sans substance ». On remarque aussi une sous estimation du danger chez ces individus en recherche de sensations fortes.

Gestion du stress et prise de risques :

Il y a 3 types de réactions stratégiques au stress induit par une prise de risque et un danger.

                1 / centré sur émotion > je passe vite à l’action pour me sentir mieux

                2 / centré sur évitement > je m’éloigne rapidement du sujet

                3 / centré sur le problème > j’essaye d’analyser et de comprendre

Chez les sujets dépendants, la stratégie centrée sur le problème est peu existante, ce qui tend à montrer qu’une personne ayant un « comportement à risques » n’utilisera pas ou peu les outils pour cerner le danger et en tirer des conclusions puis y adapter un choix raisonné de pratique.

« L’augmentation de la fréquence cardiaque est accompagnée d’une baisse importante de la Prise de conscience et d’une augmentation significative du nombre d’automatismes terriens, et ceci même dans le groupe des Experts. En effet, si le groupe des Experts présente, lors des différentes phases de plongée, une bonne prise de conscience, celle-ci diminue considérablement dans des situations complexes ou stressantes. Ceci tend à confirmer la nécessité de garder un contrôle conscient des « fonctions de base » face à des situations « délicates ». Dès-lors, exit « l’automatisation » de ces fonctions, même avec l’expertise…» (FFESSM, Etude comportementale du plongeur en immersion)

Les résultats négatifs de l’addiction :

La dépendance aux sensations fortes entraine une accoutumance automatique à ne s’occuper que des « émotions néfastes » au détriment de l’intégrité physique et entraine des conséquences négatives. Il est commun de voir chez les alpinistes de haut niveau leur volonté de pousser toujours plus loin la limite, se retrouvant ensuite avec un sentiment de vide à la fin de chaque expédition, puis de chercher un nouveau sommet « plus plus » (la majorité des grands alpinistes des années 80-2000 est décédée pour n’avoir pas su s’arrêter à temps). Chez le BASE jumper son manque l’entrainera à consacrer plus de temps à cette activité, à s’acheter fréquemment de nouveaux équipements plus performants, à rechercher des partenaires dans le même esprit que lui et à repousser ses capacités personnelles sur des sauts de plus en plus difficiles.

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Danger, sécurité et liberté :

On dit le BASE jump c’est la liberté, mais quelle liberté  dans le fond ? Je pense que peu pratiquent de façon réellement libre, sans être dicté par des codes sociaux, de la reconnaissance, une mode, certains plus par mimétisme qu’avec une vraie démarche personnelle ou une curiosité. On est tous sous influence et il est parfois bon de prendre conscience que cette influence peut avoir des dérives dangereuses.

A l’inverse se dédouaner en affirmant que montrer des images de « vol de terrain » (5) toujours plus spectaculaires ou d’autres acrobaties de très haut niveau n’a aucune influence sur l’ensemble des pratiquants, c’est plutôt sous estimer le phénomène d’identification et de recherche de modèles dans nos sociétés (que l’on retrouve ensuite à travers l’appropriation de la marque « tribu » avec lequel le « héro » réalise ses exploits, « gage de performance et de savoir-faire », phénomène que les équipementiers ont bien compris depuis très longtemps). Heureusement que le solo en escalade est une activité peu accessible, car à la sortie de « la vie aux bouts des doigts » de Patrick Edlinger il y aurait eu beaucoup de morts ! Heureusement aussi que chaque grimpeur a quand même « naturellement » conscience que avec et sans corde ce n’est plus le même jeu ! Malheureusement en BASE jump il est trop tard pour s’en rendre compte de son erreur une fois que l’impulsion est donnée ou que le sapin arrive sur sa trajectoire. Mais la corde chez le grimpeur n’empêche pas l’accident, elle limite juste le risque de mort à chaque instant de sa pratique, comme le parachute chez le BASE jumper.

Il faut donc faire une réelle différence dans les comportements individuels. Choisir de faire du BASE jump ou de la wingsuit depuis une falaise est à lui seul un « comportement à risques » avec une recherche de sensations fortes et à terme une grande probabilité de dépendance. La nuance est l’individu lui-même, son hérédité, son vécu, ses capacités, son intelligence… et la sécurité dans la pratique est aussi liée à l’individu.

« Gardez bien à l’esprit: vous apprendrez quelque chose de chaque saut et de toutes les interactions avec d’autres BASE jumpers, si vous vous autorisez à apprendre. Dans le BASE jump, la connaissance est synonyme de sécurité, et la sécurité c’est la vie. L’ignorance et la complaisance entraînent communément la mort. » (Matt Gerdes, The great book of BASE)

Les outils de gestion du risque :

L’outil principal pour gérer le risque et assurer son intégrité physique est avant toutes choses, soi même !

Pratiquer le BASE jump, voler en wingsuit en montagne demande de la maturité et de la sagesse. Une bonne connaissance personnelle est indispensable pour savoir identifier ses « travers » et contrôler son stress. De plus être lucide sur « ses acquis et ses manques » concernant l’activité est un garde fou au faux pas ou au franchissement de sa ligne rouge. Ensuite une remise en question personnelle ainsi que du perfectionnement ou de l’entrainement régulier est un gage de ne pas se sur-estimer. L’entourage familial, les bons choix des partenaires, l’écoute et l’ouverture d’esprit limitent l’enfermement dans une addiction destructrice et de l’aveuglement. Pour finir, tout sportif de l’ « extrême » se doit d’avoir une hygiène de vie saine, l’excés d’alcool ou de psychotropes notamment avant chaque saut est à proscrire (et pourtant j’en ai vu)! L’alcool désinhibe en faisant oublier les dangers et les psychotropes perturbent le système nerveux et ralentissent très fortement les réactions neuro-musculaire donc les réflexes!.

Sport extrême = corps extrême, il faut peut-être aussi savoir ralentir ou s’arrêter quand la réponse de notre corps n’est plus adéquate et sous le seuil de vigilance.

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Y a-t-il un outil simple d’évaluation ? Beaucoup de critères peuvent entrer en ligne de compte pour un saut et c’est à chacun de savoir les évaluer et cela passe tout d’abord par de très bonnes bases d’apprentissage qui définiront les règles de l’art et les techniques d’évaluation d’un saut, minimum pour pratiquer en sécurité. Il serait suicidaire ou inconscient de le faire sans en maitriser « ni les tenants ni les aboutissants ».

Pour aller plus loin, le concept du « risk management » a été introduit depuis quelques années dans les activités de ski hors pistes avec la «méthode de réduction des facteurs de risque d’avalanche » et de la « méthode 3×3 » (6). Certains paralpinistes exerçant le métier de guides de hautes montagnes ont essayé de mettre en place un système équivalent transposé à la pratique. Le défaut principal que j’y trouve est la notion de « marge variable » (zone verte, orange ou rouge), notion qui est subjective d’une part et qui autorise une prise de risque plus ou moins grande laissée à l’appréciation de la personne. Je pense qu’un saut ne doit pas être réalisé si un seul facteur n’est pas positif, c’est la « bonne » règle. Cependant, la décision finale en revient toujours à l’individu lui même, s’il estime qu’il peut sauter malgré un ou plusieurs signes négatifs… là effectivement son comportement est à « prise de risques »!

Il faut aussi noter que les capacités d’analyse font partie de la compétence acquise ou pas (cf apprentissage) et donc sont susceptible d’induire des erreurs d’appréciation (aérologie par exemple) ou des shunts (aucun contrôle du vent par exemple).

Apprendre à évaluer et à contrôler les éléments d’évolution en sécurité :

Je propose une évaluation simple de contrôle de points spécifiques en 3 étapes temporelles progressives (à « J-1 », sur le spot et à l’exit) et sur le principe strict du On-Off (évite une prise de risque subjective, « il commence à pleuvoir mais j’y vais quand même moi j’ai la marge »). Je rappelle que ce modèle est indépendant du niveau d’expertise technique en chute qui influencerait la prise de décision comme sur le modèle « 3×3 ».

Le jour « J », quels sont les critères prépondérants facteurs de danger et inversement de sécurité?

Etape n°1 / La Préparation « Planification » > réalisée la veille au moins, en supposant que vous ayez eu l’intelligence d’y aller avec de bonnes conditions météo, en pleine capacité de vos moyens physique et mental, avec le bon équipement en bon état et bien préparé, que ce saut est à votre niveau et sans inconnues techniques.

# 5 points > Forme – Equipement – Niveau – Course – Météo

# si 1 seul des 5 critères « négatif » = danger = ne pas faire le saut! Reporter à une prochaine fois.

# si 5/5 critères « positifs » = passage à l’étape n°2

Etape n°2 / Le Check « Contrôle » > réalisé juste avant le saut sur le site, vérification du matériel de saut, contrôle du point de saut (hauteur, poussé, axe), visualisation de la ligne de vol ou délais de chute (programme du saut), identification des dangers potentiels (vires, arbres, lignes électriques, rivière, lac, mer, maisons…), localisation des zones de posé (principale et de secours), observation force du vent (thermique mur et brise de vallée).

# 6 points > Matériel – Exit – Délais – Dangers – Posés – Vent

# si 1 seul des 6 critères « négatif » = danger = ne pas faire le saut! Retour à la maison.

# si 6/6 critères « positifs » = passage à l’étape n°3

Etape n°3 / La Mentalisation « Concentration » > réalisée à l’exit quelques secondes avant de sauter, diminution du stress (mental, cardiaque, respiratoire, musculaire), répétition du geste d’ouverture PC, séquentialisation du saut les « 5 Bons » (bon départ, bon timing en chute, bonne ouverture, bonne correction voile, bon posé).

# 3 points > Stress – Poignée – 5 Bons

# si 1 seul de ces 3 critères négatif = danger = ne pas faire le saut! Retour à l’étape n°2 ou à la maison.

# si 3/3 critères « positifs » = ok pour saut

Critères d’évaluation et de contrôle des « facteurs d’accident » pour une prise de décision raisonnée:

Je l’appelle méthode « PCC » > Planification Contrôle Concentration

Synthèse « en 3 étapes » des « bonnes » questions à se poser avant de sauter et quelque soit son niveau d’expertise technique en chute:

Etape n°1 /

PLANIFICATION

jour « J-1 » maison

FORME?

EQUIPEMENT?

NIVEAU?

COURSE?

METEO?

Si 5/5

 = OK

= Etape n°2

Etape n°2 /

CONTRÔLE

Jour « J » spot

MATOS?

EXIT?

DELAIS?

DANGERS?

POSE?

VENT?

Si 6/6

= OK

= Etape n°3

Etape n°3 /

CONCENTRATION

Jour « J » exit

STRESS?

POIGNEE?

5 BONS?

Si 3/3

= OK

= Saut !

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Et ne jamais oublier le débriefing du saut, c’est toujours un plus pour identifier certaines erreurs et se corriger pour le prochain saut.

Quelques exemples réels d’accidents:

1 / Bill X fait un saut de falaise glisseur bas en « 2 ways » avec un compagnon, part extracteur à main, mais lorsqu’il lâche l’extracteur pour ouvrir son parachute, l’extracteur se gonfle dans le vent relatif tirant toute la longueur de la drisse qui s’éloigne derrière lui sans ouvrir le sac ni tirer la voile. Bill X avait juste oublié de connecter en tête d’alouette l’extrémité de la drisse à la voile !

Cette erreur d’inattention aurait pu être décelée à l’étape 1 à la maison  « bien préparer son équipement » et à l’étape 2 sur le spot « vérifier son matériel ». Le doute sur le spot doit toujours l’emporter, il vaut mieux ouvrir son sac pour rien que de mourir pour un oubli ou une erreur. Personnellement, comme je passe régulièrement de glisseur haut à bas à la wingsuit avec des extracteurs et drisses différentes, je vérifie toujours à chaque pliage la fixation extracteur-drisse et drisse-voile, et avant le saut drisse-voile. Je vois régulièrement des extracteurs mal montés sur la drisse avec fort risque de rupture.

2 / Adam Y et un compagnon vont sauter une grande falaise glisseur haut et ont projeté de faire des figures d’acrobaties. Adam saute alors en tentant un front flip mais ne parvient pas à tourner et tombe tête en bas puis au dernier moment n’arrivant pas à se remettre à plat tire son extracteur et s’écrase sur une terrasse sans que la voile ait eu le temps de sortir. Les 2 compagnons avaient pour habitude de faire un départ en « gainer » (back flip jambes tendues) car ils ne se sentaient pas à l’aise en faisant un départ classique à plat. Adam X a voulu inaugurer une nouvelle figure mais qu’il ne maitrisait pas du tout.

Cette erreur aurait du être décelé à l’étape 1 avant de partir « Ais-je le niveau?» à l’étape 2 au sommet « programme du saut » et à l’étape 3 à l’exit « 5 Bon ». La mentalisation d’une figure acrobatique est primordiale à sa réussite, mais avec de l’entrainement de pont pour la maîtriser parfaitement avant de l’exécuter en falaise. Les mauvaises bases d’apprentissage, la sur-estimation de soi, le manque de connaissances, le non travail de ses points faibles sont des facteurs « humains » à risques.

3 / Augus Z est sur un fameux spot Suisse et projette de sauter en wingsuit avec 5 autres compagnons. Ils discutent des conditions aérologique et planifient le saut et le poser, mais omettent les lignes électriques qui bordent le champ. Augus Z part avant dernier et vole au maximum en tentant de dépasser les lignes électrique (les autres ont ouvert avant) et réussit à les franchir de justesse puis à ouvrir mais trop bas pour que sa voile puisse freiner sa chute avant le sol.

Typiquement une erreur de l’étape 2 « identifier les dangers objectifs » + « programme du vol » et de l’étape 3 « 5 bons ». Il faut toujours prendre en compte les dangers objectifs et faire plusieurs plans selon la performance du vol en se fixant des limites. Et aller voir le posé de visu pour identifier les dangers potentiels avant de monter au sommet du spot. Un des risques en wingsuit est de vouloir gratter en vol pour aller plus loin en oubliant sa marge sol à l’ouverture (erreur que fait souvent le débutant en wingsuit) avec un visuel faussé car en projection vers l’avant et non à la verticale.

Conclusions :

Il me semble que chacun devrait avoir une réflexion sur sa pratique et ses motivations et dénicher ses propres « comportements à risques » qui peuvent évoluer au cours de sa carrière et de sa vie. Les sauts de groupes sont aussi plus facteurs à ces comportements car il y a une forme de déresponsabilisation, d’euphorie, de distorsion de la réalité, d’oublie ou de shunt. Des études dans d’autres domaines l’on montré (7 fois plus d’accidents chez les jeunes quand ils sont plusieurs dans une voiture que seul par exemple). Mais il ne faut pas croire que sauter seul protège plus. Ce qui protège le plus le jour « J » en dehors de la bonne compétence technique, c’est de se connaitre, d’être lucide, d’avoir peur, d’écouter, de savoir analyser un saut, d’avoir de la méthode, d’être patient, mais aussi de savoir renoncer… et aussi d’éviter toute forme de tranquillisants psychotropes avant.

Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage, Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, Polissez-le sans cesse, et le repolissez, Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. (Nicolas Boileau)

Il faut avoir conscience de l’effet d’addiction sur son comportement et surtout sur ses jugements, et que le risque est de faire passer son besoin de bien être (initié par un manque) avant son intégrité physique en sous évaluant volontairement le réel danger. Beaucoup d’activités comme la plongée, le ski hors piste, l’aéronautique font appel à des outils récurrents d’évaluation et de contrôle permettant de diminuer fortement la « prise de risques » et par voie de conséquence les accidents. Il est tout à fait possible de faire de même pour le BASE jump et les vols en wingsuit en montagne.

Si on part du postulat qu’on n’est pas suicidaire, éviter tout accident et toutes blessures ou la mort devrait être une priorité à chaque saut, car la chance est un joker que seul le hasard maitrise !

Pour moi la « sécurité » rime avec non « comportement à risques » et l’activité toute entière gagnerait à les chasser. Un outil simple d’analyse rationnelle et de contrôle (comme ma méthode « PCC » présentée ci-dessus), telle une check-list pour un pilote d’avion, est un garde fou à la subjectivité, aux émotions et à la prise de risque qui en découlerait.

Comme j’aime le répéter à des amis: « il faut se méfier du ver que vous laissez entrer dans la pomme, car cette pomme le ver finira un jour par la dévorer. »

(c) 2013 / Jérôme Rochelle  « Jéronimo »

Merci à François Estève (Professeur de biophysique et de médecine nucléaire à Grenoble et BASE jumper) pour la relecture et ses remarques.

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# Notes:

(1) conduite Ordalique > besoin de jouer avec sa mort ou de stimuler son existence

(2) dopamine > neurotransmetteur du système nerveux central

(3) sérotonine > neurotransmetteur du système nerveux central

(4) noradrénaline > hormone adrénergique et neurotransmetteur

(5) vol de terrain ou « proxy flying » > consiste avec une wingsuit à voler le plus proche possible du relief (crêtes, falaises, forêts) parfois à quelques mètres seulement

(6) méthode « 3×3 » > outils d’aide à la décision en risque d’avalanche

# Bibliographie:

Fatality List BASE jump > Rapports et statistiques des décés en BASE jump

Revue médicale Suisse > « Adrenaline-addiction » et comportements de prises de risques chez les sportifs: quelles réalités?
Marc Valleur > Jeux pathologiques et conduites Ordaliques

Sociologies > Jouer avec la gravité: approche sociologique plurielle de l’engagement dans les sports dangereux

GREPS > Comportements à risques en plongée

FFESSM > Etude comportementale du plongeur en immersion

Plongée spéléo > Réglementation de la plongée soutérraine

Patrick Baudry > Le corps extrême, approche sociologique des conduites à risques

Bioéthique > Psychiatrie et comportements à risques

Colloques > le rôle des héros des tribus sportives dans l’offre des équipementiers de la « glisse »

Mohamed Rahmouni > Facteurs humains

ENSTA > Introductions aux facteurs humains, notions et méthodes

Sécurité routière > Principaux facteurs d’accidents

# Ressources techniques:

Matt Gerdes > The Great book of BASE

BASE Sessions > Coaching et apprentissage en BASE jumping

Association de Paralpinisme > Informations sur la pratique et défense des sites, affiliée à la FFCAM

BASE jump mentoring, les étapes essentielles d’apprentissage.

marcelo

Le BASE jumping est un graal. Pour parvenir à ce sport extrême, il faut d’abord d’apprendre l’art du BASE jump, étape par étape, lentement! « Rester en sécurité c’est mieux apprendre »

Learn The Art of BASE Jump from BASE SESSIONS on Vimeo.

Cette vidéo montre un exemple d’apprentissage «étape par étape» progressif pour commencer le BASE jump, de la connaissance du matériel spécifique au pliage rigoureux du parachute, des exercices d’entrainement à la « bonne » position à l’impulsion du départ avec un « exit trainer », aux premiers pas en chute libre (glisseur bas) puis progressivement vers une plus grande autonomie de «assisté» à «commandé» à «rangé», de la gestion des incidents sous voile et de la précision d’attérissage, de plus de délais en chute libre (glisseur haut) vers la mise en dérive, et le grand pas final (si acquis suffisants) en la falaise avec toute sa complexité et ses dangers aussi.
5 à 10 jours d’apprentissage ne sont pas suffisants pour donner 100% des compétences, car il faut du temps et de la répétition dans les exercices pour à assimiler corriger et maitriser, mais les « règles de l’art», les bases fondamentales sont transmises pour progresser en toute sécurité. À chacun ensuite de se donner les moyens de poursuivre «intelligemment» tout en répétant ses «gammes» consciencieusement et le plus régulièrement possible sans brûler les étapes et en connaissance de ses propres limites (ou lacunes) pour de ne pas franchir sa « ligne rouge ».
La partie falaise est la plus complexe, car elle nécessite une bonne maîtrise des fondamentaux du BASE jump, mais aussi des techniques de chute libre particulièrement la dérive. De plus la compréhension de l’environement, comme la montagne, le spot, le vent, le posé, nécessite un très long apprentissage avec des gens expérimentés et sur des sites adaptés à son niveau pour évoluer avec un maximum de sécurité.
Pratiquer le BASE jump est d’apprendre sans cesse, à la fois dans le matériel et dans la pratique, mais c’est aussi rencontrer d’autres BASE jumpeurs en progressant sur les bons sites, tout en apprenant à identifier tous les dangers potentiels (soi-même et autour), sans oublier de parachutisme qui reste le meilleur moyen de renforcer ses compétences en chute libre et puis sereinement essayer de nouveaux outils (track Pant, wingsuit).

BASE Sessions coaching et cours > pliage voile, matériel et bonne utilisation, délais de chute et extracteurs, aérologie spécifique, sécurité et saut, gestion d’incidents, « exit trainer » pour travailler les départs, techniques spécifiques aux différents types de sauts et d’objets (PCA, commandé, rangé, glisseur bas, glisseur haut, static line), travail de dérive, vol sous voile et posé de précision + débriefing vidéo + videos sauts + manuels et supports techniques + vidéo pliage.

# les news > facebook.com/pages/BASE-Sessions/227806897232242
# infos & contact > flyjeronimo@hotmail.fr
# « Apprendre et débuter le BASE Jump » article à lire sur mon blog > stone-spirit.com/blog/apprendre-le-base-jumping-et-le-paralpinisme/

men-on-fire

# Lire cet article en français > « Apprendre et débuter le BASE jump »

« You never change things by fighting the existing one. To change things, build a new model that will make the old obsolete. » Buckminster Fuller

« The more you are motivated by Love, the more fearless and free you action will be. » Dalai Lama

« Learn the Art of BASE jump » from BASE SESSIONS by Jeronimo on Vimeo.

Learning to BASE jumping is a long way, full of pitfalls which often requires above all a lot of determination and lucidity, but also reflections.

The term B.A.S.E. is an acronym, meaning B for Building, A for antenna, S for span and E for earth. It brings together all the places that you can jump without using an aircraft (aircraft, microlight, paragliding, hot air balloon). This activity is distinguished from his cousin skydiving, to be a separate activity but extreme. Indeed, the practitioner has only one parachute but certainly suitable as emergency parachute. It would be useless here because the jumps are often a much shorter time and the margin of parachute opening is much smaller. If it is common parachute jump with a height of 4000m, leaving a margin of 1000m before the opening of the parachute, BASE jumping the heights can vary from 50m to 2000m leaving only a minimum height above ground, as as the parachutist BASE jumpers like the also make the most of the freefall (when possible of course).

BASE jumping has includes all the attributes of an extreme sport, commitment, accuracy, completeness, or any errors or negligence can mean injury or death. This does not make an elite sport or elected but a particular sport that requires great rigor, many physical, psychological, motor and cognitive, but also knowledge of specific and often very large capacities self-analysis and questioning. Because the only danger in BASE jumping is the practitioner himself. There is no chance, there are just errors and mistakes that can lead to accidents. This is a very subtle that it is often difficult to integrate, especially when time and practice, trust is built up sometimes become dogmatic (which is working, and has always worked for me, so what I do is right and I continue). But sometimes, gear could failed (wing inflate failure)…

« Better you are, the more risk you take » Loïc Jean-Albert

In France, the practice of « Paralpinisme » is only focused on natural sites (cliffs and mountains) and recognized by the FFCAM France (French Federation of Alpine Clubs and Mountain) whose members (members of any French Alpine Club) receive accident insurance and liability insurance (like any other mountain sports: paragliding, hiking, mountaineering, climbing, canyoning …). This practice is represented by the association of Paralpinisme, which is not intended to federation, but practitioners of representation and defense of free access to the sites of practice. But generally we are talking about BASE jumping, the term Paralpinisme (originally used for paragliding in the mountains before the above-mentioned association did adopt). « Paralpinisme » is therefore used in France, this being a way to distinguish the activity « nature and the mountains » (for it to be recognized by the FFCAM: « Association of Paralpinisme ») to other practices considered « illegal » in the eyes of the authorities (as jumps of bridges, buildings, antennas, because often « denied access » and therefore treated as crimes … even if it is not allowed to jump into the void to make a free fall!). As in all sports, some practitioners specialize or have preferences (Paralpinisme pure or BASE), but historically « everything jump » BASE is the root historical (or cultural) and it is also possible to obtain BASE number # xxxx ( BASE number ) when you jumped the 4 different objects of the word BASE.

In France BASE jumping is particularly closed, often tinged with elitism and conservatism. While it is easy and legal to buy equipment (and made in France), it is much more complicated when research school be welcome with open arms. Start in the sport considered « extreme » and dangerous is not easy and the road is often long and even chaotic. It is traditional to find a mentor, ie an experienced person who is willing to share his knowledge and support to risk and to initiate a beginner. But it is difficult depending on where you live to find practitioners and most importantly the « right » person to be initiated. In addition, this mentor, all experienced he is, he will be sufficiently competent « educational » to teach his pupil without putting at risk? His teaching will they be strong enough and complete to enable the student to develop healthily in the future when no longer with him?

« Never act in haste, be careful at every step. And from the beginning, think this could be the end. » Edward Whymper

In recent years, many schools have emerged in Europe, providing education and quality support, although there is more for improvement. In France there no degree exist to date and with the main drawback of being unable to find insurance… in this legal vacuum is an obstacle to the development of schools in France. Also the best sites to start being some bridges (Moreover highway and forbidden to pedestrians), schools find themselves in a double penalty. But a day will come when a group of motivated people will knock on the door of the French state to request recognition of this profession and thus to benefit from insurance to teach the sport as well as their European neighbors. This is just a matter of time, but it is quite possible that Europe will accelerate things by putting the French state meet its obligations to harmonize, since schools already exist in Spain, Italy, England, Austria, Norway and Switzerland, the United States … it is the oldest.

You dream … but BASE jumping is probably not for you?!

Why go through a school or instructor? to be initiated under the best conditions to learn the basics and fundamentals of the sport and security, to access the sites best suited for beginners, to be under the control of an experienced instructor and enjoy its knowledge, and finally perform in the state of the art, to limit the risks associated with bad or acquired defects of knowledge in your future practice of BASE jumping or Paralpinisme.

What are the prerequisites? Having carefully considered the consequences (personal, family, work) risks related to the practice of BASE jumping (see « Fatality List » below), have solid experience and regular skydiving (200 jumps minimum, a hundred of the past year, be patent C level), be over twenty five years old, have its own BASE jumping equipment in perfect condition.

What is the course content? Training specific material and packing of BASE jumping parachute, parachute flight training and incident management, training in good practice exits with specific workshops (free fall simulator) , the special training of natural cliffs and mountains (aerology, rope access, site assessment, organization of the jump).

Why is it better to have its own equipment for BASE jumping? It is good to consider, rightly, that if you decide to make BASE jumping, this idea was well thought out and that accordingly the purchase material suitable for this sport (see manufacturers below) is proof of that motivation, commitment and therefore this discussion. The second problem is when a student have achieved is course, without is own rig he couldn’t go foward in his base jumping skill and progress in a good way.

« You do not choose to do a FJC for fun, BASE jumping is not a ride, it’s very serious! » 

– Jérôme Rochelle « Jeronimo » –

>>> BASE jumping knowledge, first courses coaching, questions: Contact me here

>>> BASE jumping and wingsuit flying: Videos on my Youtube channel « MrFlyJeronimo »


Please note the BASE jumping is a dangerous activity, take good measure of the challenge before you begin training.

BASE jumping how does it work? The movie I made with Jean Boggio-Pola for the Travel Channel.

“The Great Book of Base” by Matt Gerdes

Matt Gerdes is probably now one of the best wingsuit pilot with Jokke Sommer. His book opens the bowels of the sport « secret » confidential, considered by most of the people as stupid and suicidal. It also brings the history of the genesis of BASE jumping, practical information and useful to all practitioners in search of knowledge and deepening. The website is very clear also provided some very good articles and demonstrations.
As Matt points out « Go slowly ».

THE LINKS:

All death accident in BASE > Fatality List
Videos about incidents > BASE jump incidents

BASE forum
American BASE website reference > basejumper.com

Best BASE events in europe
Probase Worldcup > Switzerland, Greece
The World BASE Race > Norway

BASE schools in europe (with language of instruction)
Coaching (Packing + FJC) « BASE Sessions » (in French, English, Italian) > basesessions.com
School « Probase Academy » (in Spainish, German, English) > probaseacademy.com
School « 321 BASE » (in Spainish, German, English) > 321base.eu
School « Pressurized » (in German, English) > pressurized.at
School « Stavenger Base Club » (in Norvegian, English) > basekjerag.com
School « UK Pro Base » (in English) > ukprobase.com

Best BASE rigs manufacturers
Manufacturer FR « Adrenalin »: harness Zak and Hybrid, canopy Troll and Trango
> adrenalinbase.com
Manufacturer US « Apex »: harness DP and TL, canopy Flik and Fox
> apexbase.com
Manufacturer US « Asylum »: harness Perigee Pro and Profile, canopy Seven and Feather
> asylumbase.com
Fabricant US « Morpheus Thecnlogies »: harness Gargoyle, Razor, WSX-trem
> baserigs.com

Best BASE wingsuits manufacturers
Manufacturer HR « Phoenix Fly »: wingsuits Vampire, Phantom, Prodigy
> phoenixfly.com
Manufacturer US « Squirrel »: wingsuits Colugo, Aura
> squirrel.ws
Manufacturer FR « S-Fly »: harness Snekor, wingsuits Expert and Verso
> flyyourbody.com
Manufacturer US « TonySuits »: wingsuits Xbird, Apache
> tonywingsuit.com
Manufacturer HU « Intrudair »: wingsuits Shark, Manta
> www.intrudair.hu

# Read this post in english > « Learn BASE jumping »

« Tu ne changeras jamais les choses en combattant ce qui existe déjà. Pour changer les choses, construis un nouveau modèle qui rendra l’ancien obsolète. » Buckminster Fuller

« Plus vous donnez de place à l’amour, plus vous agissez sans peurs et sans intérêts. » Dalai Lama

« Learn the Art of BASE jump » from BASE SESSIONS par Jéronimo on Vimeo.

L’apprentissage du B.A.S.E. jumping est un long parcours, souvent semé d’embuches qui nécéssite avant tout beaucoup de détermination et de lucidité, mais aussi de réflexions.

Le terme B.A.S.E. est un acronyme anglosaxon, signifiant B pour building, A pour antena, S pour span et E pour earth. Il regroupe ainsi tout les lieux que l’on peut sauter sans avoir recours à un aéronef (avion, ULM, parapente, montgolfière). Cette activité se démarque ainsi de sa cousine le parachutisme, pour être une activité à part entière mais extrême. En effet, le pratiquant ne possède qu’un seul parachute adapté certes mais sans secours comme en parachutisme. Il serait ici inutile car les sauts sont souvent d’un délai beaucoup plus court et la marge d’ouverture du parachute est beaucoup plus réduite. Si en parachutisme il est commun de sauter avec 4000m de hauteur en laissant une marge de 1000m avant l’ouverture du parachute, en B.A.S.E. jumping les hauteurs peuvent varier de 50m à 2000m ne laissant qu’un minimum de hauteur par rapport au sol, car comme le parachutiste le B.A.S.E. jumpeur aime lui aussi profiter au maximum de la chute (quand cela est possible bien entendu!).

Le B.A.S.E. jumping regroupe ainsi tous les attributs d’un sport extrême, l’engagement, la précision, la perfection où la moindre erreur ou négligence peut être synonyme d’accident ou de mort. Cela n’en fait pas un sport d’élite ou d’élus mais un sport particulier qui requiert une très grande rigueur, de nombreuses aptitudes physiques, psychologiques, motrices et cognitives, mais aussi des connaissances souvent spécifiques ainsi que de très grandes capacités d’auto-analyse et de remise en question. Car le seul danger en B.A.S.E. jumping c’est le pratiquant lui-même. Il n’y a pas de hasard, il y a juste des erreurs et des fautes pouvant mener à l’accident. C’est un point très subtil qu’il est souvent difficile à intégrer surtout lorsque avec le temps et la pratique, la confiance s’installe jusqu’à devenir parfois dogmatique (ce que je fais marche, et a toujours marché pour moi, donc ce que je fais est juste et je continue). Mais malheureusement, le matériel peu aussi avoir parfois des défaillances (gonflement asymétrique en wingsuit)…

« Meilleur on devient, plus de risques on prend » Loïc Jean-Albert

En France, le Paralpinisme est la pratique uniquement centrée sur les sites naturels (falaises et montagne) et reconnue en France par la FFCAM (Fédération Française des clubs Alpins et de Montagne) dont les adhérents (membres de n’importe quels Clubs Alpin Français) bénéficient d’une assurance accident et responsabilité civile (comme tous les autres sports de montagne: parapente, randonnée, alpinisme, escalade, canyoning…). Cette pratique est représentée par l’association de Paralpinisme, qui n’a pas vocation de fédération, mais de représentativité des pratiquants et de défense des accès libres aux sites de pratiques. Mais en règle générale on parle de B.A.S.E. jumping, le terme Paralpinisme (à l’origine utilisé pour le parapente en montagne avant que l’association sus-citée ne l’adopte en associant les mots « Para » et « Alpinisme »). « Paralpinisme » n’est donc employé qu’en France, ceci étant une manière de démarquer l’activité « nature et montagne » (pour qu’elle soit reconnue par la FFCAM: « Association de Paralpinisme ») des autres pratiques considérées comme « illégales » aux yeux des autorités (sauts de ponts, d’immeubles, d’antennes car souvent « interdits d’accès » et donc assimilés à des délits… même s’il n’est pas interdit de se jeter dans le vide pour faire de la chute libre!). Comme dans toutes activités sportives, certains pratiquants se spécialisent ou ont des préférences (Paralpinisme pur ou B.A.S.E.), mais historiquement « everything jump » le B.A.S.E. est la racine historique (voire culturelle) et il est d’ailleurs possible d’obtenir son numero BASE # xxxx (BASE number) lorsque l’on a sauté les 4 objets différents du mot BASE.

Le milieu Français du BASE est particulièrement fermé, souvent empreint d’élitisme et de conservatisme. Même s’il est aisé et légal d’acheter du matériel (made in France Adrenalin Base), il est bien plus compliqué lorsqu’on recherche une formation de se voir accueillir à bras ouverts. Débuter dans ce sport considéré comme « extrême » et dangereux est loin d’être facile, et le chemin est souvent long voire chaotique. Il est de tradition de trouver un mentor, c’est à dire une personne expérimenté qui veuille bien transmettre ses connaissances et prendre le risque d’épauler et d’initier un débutant. Mais il est difficile selon la région où l’on habite de trouver des pratiquants et qui plus est la « bonne » personne pour être initié. De plus ce mentor, tout expérimenté qu’il est, sera t’il suffisamment compétent « pédagogiquement » pour enseigner sans mettre son élève en danger? Son enseignement sera-t’il assez solide et complet pour permettre à son élève d’évoluer sainement dans le futur lorsqu’il ne sera plus auprès de lui?

« N’agissez jamais à la hâte, prenez garde au moindre pas. Et dès le début, pensez que ce pourrait être la fin. » Edward Whymper

Depuis quelques années, de nombreuses écoles ont vu le jour en Europe, offrant un enseignement et un accompagnement de qualité, même s’il reste perfectible. En France aucun diplôme n’existe à ce jour, l’enseignement du B.A.S.E. jump se retrouve « hors cadre règlementé » avec le défaut principal de ne pouvoir trouver d’assurances en Responsabilité Civile (obligatoire pour toutes activités professionnelles)… ce vide juridique est donc un frein au développement d’écoles « officielles » et « reconnues » en France, elles existent mais restent dans la confidentialité. De plus les meilleurs sites pour débuter étant certains ponts (de surcroit autoroutiers et interdits aux piétons), les écoles se retrouvent dans une double pénalité. Mais un jour viendra où un groupe de personnes motivées ira frapper à la porte de l’état français pour lui demander la reconnaissance de ce métier et donc de bénéficier des assurances pour enseigner ce sport au même titre que leurs voisins européens. Ceci n’est juste qu’une question de temps, mais il est fort possible que l’Europe accélèrera les choses en mettant l’état Français face à ses obligations d’harmonisation, puisque des écoles existent déjà en Espagne, en Italie, en Angleterre, en Autriche, en Norvège et en Suisse… aux USA ce sont les plus anciennes.

Vous en rêvez… mais le BASE jump n’est peut-être pas fait pour vous?!

Pourquoi passer par un école ou un instructeur? Pour être initié dans les meilleures conditions, pour apprendre les bases et les fondamentaux de l’activité et de la sécurité, pour accéder aux sites les mieux adaptés pour débuter, pour être sous le contrôle d’un instructeur expérimenté et profiter de son savoir faire, pour enfin pratiquer dans les règles de l’art, pour limiter les risques liés aux mauvais acquis ou aux défauts de connaissances dans votre future pratique du B.A.S.E. jumping.

Quels sont les prérequis? Avoir mûrement réfléchi aux conséquences (personnelles, familiales, professionnelles) liées aux risques de la pratique du B.A.S.E. jump (voir la « Fatality List » plus bas), avoir une solide expérience et pratique régulière du parachutisme (200 sauts minimum, une centaine sur la dernière année, être « brevet B2 et C » c’est mieux), être majeur, posséder son propre équipement de BASE jump en parfait état.

Quel est le contenu des formations? Formation au matériel spécifique et au pliage de la voile de B.A.S.E. jumping, formation au pilotage du parachute et à la gestion des incidents, formation à la bonne pratique des exits avec des ateliers spécifiques (simulateur de chute libre), formation à la particularité des sites naturels falaises et montagne (aérologie, accès sur corde, évaluation du site, organisation du saut).

Pourquoi est-il préférable de posséder son propre équipement de B.A.S.E. jump? Il est bon de considérer, à juste titre, que si l’on décide de faire du B.A.S.E. jumping, que cette idée a été mûrement réfléchie et que par conséquence l’achat du matériel adapté à cette pratique sportive (voir fabricants en bas de page) est la preuve de cette motivation, de cet engagement et donc de cette réflexion. De plus, une fois la formation achevée, les élèves qui ne possèdent pas leur propre équipement se retrouvent alors coupé des acquis et de la dynamique, ne pouvant pas poursuivre l’activité par des sauts d’entrainement et renforcer ainsi leur apprentissage.

« On ne choisit pas de faire une formation d’initiation pour le fun, le B.A.S.E. jumping n’est pas un tour de manège, c’est TRÈS SÉRIEUX!!! »
– Jérôme Rochelle « Jéronimo »

>>> Pour du Coaching personnel (BASE Sessions) et toutes questions:  Contactez moi ici.

>>> Mes vidéos de BASE jump et wingsuitsur Youtube « MrFlyJeronimo »

Attention le B.A.S.E. jumping est une activité dangereuse, prenez bien la mesure de l’enjeu avant de vous lancer dans une formation.

Le B.A.S.E. jump comment ça marche? Le film que j’ai réalisé avec Jean Boggio-Pola pour la chaine VOYAGE.

« The Great Book of Base » par Matt Gerdes

Matt Gerdes est probablement l’un des meilleurs pilotes de wingsuit actuel avec Jokke Sommer. Son livre ouvre les entrailles de ce sport « secret » et confidentiel, considéré par la plus part des gens comme stupide et suicidaire. Il apporte outre l’historique sur la génèse du BASE jumping, des informations concrètes et utiles à tout pratiquants en quête de connaissances et d’approfondissements. Le site internet très clair est aussi fourni de très bons articles et démonstrations.

Comme le rappelle Matt « Go slowly ».

LES LIENS:

La liste des accidents mortels > Fatality List
Sélections de vidéos sur des incidents > vidéothèque incidents

Forum BASE jumping
Forum Américain de référence > basejumper.com

BASE jump compétitions en europe
Probase Worldcup > Suisse, Grèce
The World BASE Race > Norvège

Ecoles de BASE jumping en europe (avec langue d’instruction)
Coaching « BASE Sessions » (en Français, Anglais et Italien) > basesessions.com
École « Probase Academy » (en Espagnol, Allemand et Anglais) > probaseacademy.com
École « 321 BASE » (en Espagnol, Allemand et Anglais) > 321base.eu
École « Pressurized » (en Autrichien et Anglais) > pressurized.at
École « Stavenger Base Club » (en Norvègien et Anglais) > basekjerag.com
École « UK Pro Base » (en Anglais) > ukprobase.com

Meilleurs fabricants sacs et voiles
Fabriquant FR « Adrenalin »: sacs Zak et Hybrid, voiles Troll et Trango
> adrenalinbase.com
Fabricant US « Apex »: sacs DP et TL, voiles Flik et Fox
> apexbase.com
Fabricant US « Asylum »: sacs Perigee Pro et Profile, voiles Seven et Feather
> asylumbase.com
Fabricant US « Morpheus Thecnlogies »: sacs Gargoyle, Razor, WSX-trem
> baserigs.com

Meilleurs fabricants wingsuits
Fabricant HR « Phoenix Fly »: wingsuits Vampire, Phantom, Prodigy
> phoenixfly.com
Fabricant US « Squirrel »: wingsuits Colugo, Aura
> squirrel.ws
Fabricant FR « S-Fly »: sac Snekor, wingsuits Expert et Verso
> flyyourbody.com
Fabricant US « TonySuits »: wingsuits Xbird, Apache
> tonywingsuit.com
Fabricant HU « Intrudair »: wingsuits Shark, Manta
> www.intrudair.hu